Isabelle SZLACHTA, une âme d’artiste

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4 novembre, 2007

LE CAFE DE LA MARINE

Classé sous Eclats de mots,Nouvelles — Isabelle @ 0:19

La voiture s’arrêta dans un cliquetis métallique, et le nuage de fumée bleue qui la suivait s’évapora nonchalamment devant l’océan.

Cette place devant la digue, dans cette station balnéaire bretonne hors saison, collait bien avec Gad et son aspect un rien désuet. Les cheveux un peu trop longs et une barbe de trois jours lui conféraient un air d’artiste qui se cherche. Tee-shirt et pantalon noirs, il transpirait dans sa vieille Roover dont les vitres fatiguées étaient définitivement bloquées. Le chauffage, conforme au fonctionnement général de l’engin, était coincé en position maximale, et Gad avait négligemment jeté sa veste sur le siège du passager.

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25 octobre, 2007

REPOS

Classé sous Dessins,Eclats de mots,Poèmes — Isabelle @ 23:37

La solitude, toujours, revient dans les mêmes traces. Silencieuse, gravée sur notre histoire, comme pour mieux appréhender le monde. Un long repos sous une terre gelée. Une petite mort. Avant l’heure. Cette solitude se glisse, dans les mêmes empreintes, dans les mêmes couleurs, les mêmes lumières, de toile en toile, de mot en mot.

Toujours les mêmes notes. Le même parcours intérieur. Le même voyage.

REPOS dans Dessins expo2011

© Dessin décembre 2003 et texte Isabelle Szlachta, décembre 2004, des Brassées de braises, ed La Bruyère, Paris

 

 

5 juin, 2007

JOUR MAUVE

Classé sous Eclats de mots,Nouvelles — Isabelle @ 19:37

Vous trouverez aussi ce texte chez Maline

Jour mauve

Je marchais depuis longtemps dans le sable lourd.

Le ciel chargé virait démesurément au mauve.

Des voiles battaient le vent. Doux et impétueux à la fois.

L’air était mordant. Comme seul le rivage marin en détient les secrets.

J’aurais pu rester une éternité plombée dans les va-et-vient de la mer. Prisonnière de ce pays plus glacial encore qu’à l’ordinaire, et, paradoxalement, j’étais plus libre que jamais, sans savoir le gouffre qui allait m’avaler…

Entre le ciel et la mer…

Ce jour mauve.

Comme moi.

Comme lui…

Il s’est imposé cette journée là, incontournable. Mêlée de regards qui me déshabillait.

J’aurais voulu déposer des brassées de fleurs aux fenêtres de ses yeux morts. Conduite irrésistible. Je me suis hissée sur ce traître sentier qui donnait l’accès au trésor. Il était en dehors du temps. En dehors de tout. D’un frémissement de paupière, il avait déballé toute la tendresse du fond de son cœur trouble et nébuleux. Son murmure était musique, et avait fait naître des ailes sur mon corps de chenille.

J’aurais voulu hurler de désir. Et malgré tout, en moi, un silence se faisait, imposant, monumental. Ses yeux étaient suaves comme des collines dans la pénombre, et ils révélaient tous les frissons humides de l’air breton dans lequel ils avaient poussé.

(suite…)

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